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Texte Libre

Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 08:10
Les Habitants Sentinelles ont effectué une opération Kass'Moustik à Mafate La Nouvelle
les samedi 19 et dimanche 20 avril 2008


Actions réalisées :

- exposition 'plus jamais ça'
- prévention lors des visites à domicile
- prévention auprès des touristes
- remise de répulsifs et moustiquaires
- visite du cimetière
















le rapport est disponible en lien dans la marge à gauche

Par Madée Payet - Publié dans : action de quartier
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 14:54
Roger LAVERGNE 

TABLEAU DE 11 PLANTES DE LA PHARMACOPÉE RÉUNIONNAISE

 

Sont dites endémiques (D) les plantes originaires des seules îles Mascareignes. Lorsque leur répartition géographique originelle est plus vaste, on dit qu’elles sont indigènes (I). Quant à celles qui ont été introduites volontairement ou involontairement par l’Homme, on les qualifie d’exotiques (E).

 

J’ai eu aussi recours à mon livre Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans la pharmacopée traditionnelle à la Réunion, ouvrage publié en 1989 par l’ACCT (Agence de coopération Culturelle et Technique), avec pour coauteur Robert VÉRA, chimiste universitaire.

 
1. BOIS DE PÊCHE MARRON  Psiloxylon mauritianum -  Myrtaceae
Pays d’origine : D (Réunion, Maurice)
Usages traditionnels et surtout actuels : Sert à traiter l’albuminurie, les néphrites et les cystites. Élimine les excès d’urée et d’acide urique (agit comme l’Allopurinol)
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : phénols, servit à préparer un médicament : l’Albucoli

2. QUINQUINA DU PAYS Mussaenda landia - Rubiaceae
Pays d’origine : D (Réunion, Maurice)
Usages traditionnels et surtout actuels : Fut usité avec le Bois jaune (Ochrosia borbonica) comme remède pour traiter les douleurs articulaires du chikungunya
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : son écorce renferme des saponosides ; n’a jamais servi à obtenir un médicament


3. AMBAVILLE VERTE Hubertia ambavilla - Asteraceae ( = Composées)
Pays d’origine : D : endémique de la Réunion seulement.
Usages traditionnels et surtout actuels : Couramment employé avec l’Herbe à bous (Ageratum conyzoides) , le Bois d’osto (Antirhea borbonica), le Bois cassant (Psathura borbonica)…pour soigner l’ulcère d’estomac. Cette action anti-lcéreuse a été prouvée par les laboratoires Roger et Bellon.
Convient pour traiter de nombreuses dermatoses : démangeaisons, érythèmes fessiers, bourbouille, eczéma, etc.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : complexe glucidique, flavonoïdes.  n’a pas encore servi à préparer une spécialité pharmaceutique.


4. BOIS DE REINETTE Dodonea viscosa - Sapindaceae
Pays d’origine : I (pantropical, donc originaire de plusieurs pays tropicaux souvent éloignés)
Usages traditionnels et surtout actuels : C’est avec le Bois de rongue (Erythroxylon laurifolium) un spécifique des coliques néphrétiques et les calculs urinaires. Sert aussi à traiter la goutte et les rhumatismes.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Contient flavonoides, saponosides, tanins, stérols et triterpènes.  n’est pas encore devenu un phytomédicament

5. BOIS DE REMPART Agarista salicifolia - Ericaceae
Pays d’origine : I (Réunion, Maurice, Afrique tropicale)
Usages traditionnels et surtout actuels : Des chevaux, des cabris sont morts pour avoir brouté son feuillage qui provoques hémorragies internes et paralysie des muscles respiratoires ; cependant en usage externe (ici en bains de siège), la femme d’un tisaneur m’a indiqué son efficacité pour traiter les hémorroïdes. Surtout ne pas boire.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Andromédotoxine, substance toxique (mortelle) connue chez d’autres Éricacées (Azalées et Rhododendrons). pas d’usage pharmaceutique

6. CHANGE ÉCORCE Aphloia theiformis  - Flacourtiaceae
Pays d’origine : I (Mascareignes, Madagascar, Comores, Seychelles, Afrique de l’Est et Afrique du Sud).
Usages traditionnels et surtout actuels : C’est un « rafraîchissant » populaire donc un anti-inflammatoire, un dépuratif. De sa sous-espèce malgache on a extrait de l’aphloiol qui s’est montré actif contre la lyse des hématies, c’est à dire l’éclatement des globules rouges qui survient à chaque crise de paludisme
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Flavonoïdes dont l’aphloiol, phénols, proanthocyanidols, tanins, triterpènes . Canol (diurétique). Aphloïne P (veinotonique).

7. COCHLÉARIA DU PAYS Centella asiatica - Apiaceae ( = Ombellifères)
Pays d’origine : I (pantropical)
Usages traditionnels et surtout actuels : Se rincer la bouche avec la décoction si aphtes mais aussi inflammation des gencives (gingivite). Ce même décocté (non bu) sert à se gargariser en cas de maux de gorge ou d’angines. Mastiquer une ou deux feuilles fraîches corrige la mauvaise haleine.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Surtout des saponines triterpéniques et en particulier l'asiaticoside. Le Madécassol est un bon cicatrisant acheté en pharmacie.

8. FAHAM Jumellea fragrans - Orchidaceae
Pays d’origine : D (Réunion, Maurice)
Usages traditionnels et surtout actuels : Utilisé contre les refroidissements, la fièvre, la grippe, la toux, l’asthme, le Faham est aussi utile pour avoir une bonne circulation sanguine, une bonne digestion, un bon sommeil.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Alcaloïdes et coumarines.  Pas acheté à la pharmacie mais très prisé pour préparer un « rhum arrangé ».

9. LIANE JAUNE Danais fragrans - Rubiaceae
Pays d’origine : I (Réunion, Maurice, Madagascar)
Usages traditionnels et surtout actuels : J’ai plusieurs fois entendu Frantz Ledoyen (dit Kakou), tisaneur à l’Entre-Deux, dire sur les ondes de RFO, qu’il prescrivait la Liane jaune pour les gastro-entérites, les diarrhées, ce remède étant un « bon cicatrisant de l’estomac »
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Divers métabolites secondaires : alcaloides, flavanoides, tanins, stérols, tritepènes, anthraquinones.  Pas devenu un phytomédicament.

10. PETIT TAMARIN DES HAUTS Sophora denudata Papilionideae (= Légumineuses)  Fabaceae
Pays d’origine : D : endémique de la Réunion seulement.
Usages traditionnels et surtout actuels : Un tisaneur aujourd’hui décédé m’a dit avoir réussi à soigner positivement par des applications externes deux ou trois femmes atteintes d’un cancer du sein. Cette grave pathologie est évidemment d’ordre prioritairement médical.
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : Divers alcaloîdes dont certains toxiques.  Les recherches opérées ne peuvent que laisser un lointain espoir d’aboutir à un médicament.

Nom vernaculaire, Nom scientifique, Famille :
11. AYAPANA Ayapana triplinervis Asteraceae ( = Composées)
Pays d’origine : E (Amazonienne)
Usages traditionnels et surtout actuels : Stomachique (donc facilitant la digestion au niveau de l’estomac), recommandé en cas de nausées, vomissements, indigestion, maux d’estomac, flatulences…
Constituants chimiques, principes actifs éventuels ou avérés soulignés. Médicaments, donc étant l’objet ou ayant été l’objet de préparations pharmaceutiques : coumarines, huile essentielle. inscrit à la pharmacopée française de 1975

*****

Éléments descriptifs de chaque espèce sans doute utiles bien qu’ « un bon dessin vaille mieux souvent qu’un long discours » !

 

1.BOIS DE PÊCHE MARRON [Psiloxylon mauritianum Bouton ex Hook.f.] . Adulte, il devient un arbre à l’écorce rousse. Cette espèce fut difficile à classer dans une famille botanique homogène. On l’a rattachée aux Myrtacées bien qu’elle n’ait pas comme la plupart des représentants de cette famille des feuilles opposées et des fleurs hermaphrodites (ou bisexuées). En effet, ses feuilles sont alternes et reconnaissables à leur petit pétiole rougeâtre. De plus, elle comporte des pieds mâles et des pieds femelles, elle est donc dioique. Lorsque les pieds femelles fructifient, ils portent des baies blanches qui ne sont pas sans rappeler celles du Change écorce (Aphloia theiformis).


2. QUINQUINA DU PAYS [Mussaenda landia Poiret]. C’est un petit arbre, bien droit, de 6 à 7 m de haut. Ce qui permet habituellement de reconnaître la famille des Rubiacées, à laquelle il appartient, ce sont les stipules situées entre le pétiole des feuilles opposées. Les stipules sont ici petits et rapidement caduques alors qu’ils sont bien développés et attractifs chez le vrai Quinquina (Cinchona officinalis). Le regard est surtout attiré par les grandes fleurs blanches du Quinquina du Pays. Fécondées, ces dernières se transforment en fruits secs, oblongs.


3. AMBAVILLE VERTE [Hubertia ambavilla (Bory) Pers.]. Arbrisseau-arbuste pouvant atteindre 3 à 4 m de haut. Ses petites feuilles dentées m’ont parfois fait penser à la Germandrée petit chêne (Teucrium chamaedrys) de Métropole). Les capitules de cette Astéracée s’épanouissent en corymbes à l’extrémité des rameaux. Chaque capitule comporte souvent 5 ligules jaune pâle disposées en étoile ce qui donne l’impression de regarder une fleur simple, alors qu’il s’agit d’une mini-inflorescence. Cette Ambaville n’existe pas en sous-bois. Elle colonise les espaces situés en plein soleil comme les bords de pistes montagnardes ou les espaces clairiérés.


4. BOIS DE REINETTE [Dodonea viscosa (L.) Jacq.]. Arbrisseau-arbuste dioique, donc certains pieds portent des fleurs mâles, d’autres des fleurs femelles verdâtres ; seuls ces derniers « pieds de bois » pourront avoir plus tard des fruits secs, ailés. Il existe au moins deux variétés de Dodonée visqueuse – expression de Bory de Saint-Vincent -, l’une à feuilles pouvant un peu évoquer celles du Saule pleureur (Salix babylonica) présent à la Réunion, l’autre ayant des feuilles plus étroites, presque linéaires. Pour certains, le mot Reinette serait à mettre en relation avec la Pomme reinette, pour moi qui ait mis ces variétés en herbier, les feuilles mises à sécher aplaties sont si collantes qu’elles me rappellent des petits Batraciens arboricoles aux pattes adhésives.


5. BOIS DE REMPART [Agarista salicifolia (Comm. ex Lam.) G. Don ]. Plante pionnière des nouvelles coulées de laves, cette Éricacée deviendra un arbre de 10 à 15m de haut, dont l’écorce grise et fissurée pourrait évoquer celle du Camphrier (Cinnamomum camphora). Conscient de l’extrême toxicité de ce végétal, les tisaneurs n’y ramasseront aucun épiphyte ou plante pouvant s’y être installée comme en un jardin suspendu, sans avoir pour cela de liens parasitaires avec le support. Les feuilles du Bois de rempart sont bleu-vert, assez coriaces. Les fleurs à corolles en forme de grelots rouges sont caduques. L’une d’elle ramassée par une fillette et mis à la bouche déclencha des « pauses respiratoires », donc des difficultés à respirer. Il y a danger à fréquenter cette superbe créature. Des fruits secs s’échappent de fines graines allongées facilement dispersées par les vents et les eaux de pluie.


6. CHANGE ÉCORCE [Aphloia theiformis (Vahl) Bennett]. Souvent un arbrisseau-arbuste, cette Flacourtiacée peut devenir un arbre d’au moins une dizaine de mètres de haut. Les jeunes écorces sont rousses et les fleurs blanchâtres à nombreuses étamines, ce qui fait que ce végétal des forêts primaires a pu être rapproché de l'invasif Goyavier (Psidium cattleianum) et appelé de ce fait Go(u)Yave marron.. Sur les pieds d’un certain âge, on voit très nettement des lambeaux d’écorce soulevés prêts à se détacher d’où le nom populaire imagé de Change écorce usité pour désigner cette espèce ligneuse à feuilles ressemblant véritablement à celles des vrais Théiers (Camellia sinensis). Les fruits sont blancs et charnus, consommés - comme ceux du Bois de pêche marron – par quelques oiseaux forestiers qui assurent la dissémination des graines (ornithochorie).


7. COCHLÉARIA DU PAYS [Centella asiatica (L.) Urb.]. Herbe stolonifère comme un Fraisier sauvage, donc rampante. Elle n’est guère plus grande que des touffes de Violettes cultivées, dont les feuilles ont un peu le même aspect, ce qui fait que cette Apiacée est parfois encore appelée Violette marronne. Inutile d’évoquer ses fleurs et ses fruits, à peine visibles, seulement significatifs avec le grossissement d’une loupe binoculaire.


8. FAHAM [Jumellea fragrans (Thou.) Schltr.). Orchidée épiphyte, donc perchée sur les arbres, que je sais distinguer à l’œil nu à son port particulier. La base des tiges dénudées est souvent courbée. Les feuilles ont nettement un sommet échancré et dissymétrique. C’est réjouissant de voir ses fleurs axillaires, d’un blanc de lait comme celles de plusieurs autres Orchidées épanouies surtout en période cyclonique.


9. LIANE JAUNE [Danais fragrans (Lam.) Pers.]. Les jeunes pousses de cette liane « boisée » ou ligneuse ont tout d’abord un épiderme noirâtre ce qui fait qu’on y reconnaît du Lingue noir. Par la suite, l’écorce est blanc grisâtre. Les corymbes de fleurs ont des corolles étoilées jaune orangé. Les petits fruits secs qui en dérivent sont globuleux.


10. PETIT TAMARIN DES HAUTS [Sophora denudata Bory]. C’est la dernière plante d’altitude digne d’être appelée arbre. Sur des sols profonds et frais souvent formés sur des accumulations de lappili, les troncs peuvent être conséquents. Le feuillage est grisâtre. Des feuilles imparipennées laissent supposer une Légumineuse. La confirmation est donnée quand s’épanouissent en saison fraîche de nombreuses fleurs papilionées, d’un jaune étincelant. Les fruits sont bien des gousses liégeuses et carénées qui laissent présager d’une très ancienne dispersion par les courants mains. Mais les cyclones ont eu un mot à dire quant à leur puissance d’arrachement et des atterrissages insulaires effectués bien au-dessus du niveau des océans.


11. AYAPANA [Ayapana triplinervis (Vahl.) R.M. King et H. Robinson]. Contrairement aux dix espèces précédentes toutes sauvages, le Iapana rouge est la seule plante à être cultivée, et à venir d’ailleurs, bien loin de notre archipel. Je tiens à la faire figurer aux côtés de notre florule insulaire primitive puisqu’elle s’avère être la toute première à être utilisée dans notre tisanerie réunionnaise actuelle. Secundo, elle sera prochainement l’objet de la soutenance d’une thèse par notre ami Claude MARODON, Président de l’APLAMÉDOM, ou association plantes médicinales et aromatiques présentes à la Réunion. D’origine amazonienne, l’Ayapana n’est propagé que par bouturage. C’est une herbe subligneuse, d’environ 50 cm de haut. Ses feuilles opposées sont triplinerves c’est à dire à trois nervures bien visibles situées au-dessus de la base du limbe. Les capitules de cette Astéracée sont de petites colonies de « tubules » ou fleurettes rose pâle.

 

Roger LAVERGNE, Docteur en Botanique tropicale appliquée.

 
 
Par Roger Lavergne - Publié dans : articles du comité scientifique
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 10:07
Le Conseil d'Administration

Madée Payet

Josie Florestan

Prisca Galdin
Isabelle Lecorre
Gabrielle Boitard
Jean-Michel Probst
Philippe Clémens


Par Madée Payet - Publié dans : L'association
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /Juil /2007 15:45

ARTICLE – LE JOURNAL DE L’ILE – Lundi 2 juillet 2007

Santé
Chikungunya : Les “cellules cibles” du virus identifiées
Quelles sont les cellules que le chikungunya infecte dans l’organisme ? C’est à cette question que des chercheurs de l’institut Pasteur, en collaboration avec des cliniciens de l’île, viennent de répondre. Une découverte qui risque de faire évoluer la recherche sur les traitements. Explications.

Doucement, mais sûrement, la recherche commence à répondre à différentes interrogations que l’on se pose sur le chikungunya, virus découvert il y a plus de 50 ans déjà. Après avoir retracé l’histoire évolutive du virus dans la zone océan Indien grâce au séquençage de plusieurs souches virales, l’institut Pasteur à Paris, en collaboration avec plusieurs équipes de l’institut Pasteur et du GHSR de Saint-Pierre, vient de trouver quelles sont les cellules que le chikungunya infectait dans l’organisme.

“UNE PISTE POUR LES TRAITEMENTS”

L’équipe d’Olivier Schwartz, de l’unité virus et Immunité à Pasteur, a ainsi démontré in vitro que le virus ne se multipliait pas dans les cellules sanguines circulantes (lymphocytes, monocytes) mais dans les macrophages (1). “Ces cellules pourraient donc être impliquées dans l’infection des tissus touchés par la maladie, comme les muscles et les articulations”, explique Pierre-Emmanuel Ceccaldi, chargé de recherche à l’Institut Pasteur. Le virus infecterait également la plupart des cellules dites “adhérentes” (ex : fibroblastes). “On lève une partie du voile sur le cheminement potentiel de l’infection”, soutient M. Ceccaldi. Cette avancée majeure va permettre aux scientifiques de tester des médicaments en culture cellulaire en vue de sélectionner ceux qui inhibent l’infection des cellules cibles. Une deuxième étude, menée à partir de tissus prélevés sur des malades et dirigée par Pierre-Emmanuel Ceccaldi, en collaboration avec des cliniciens de Saint-Denis, a permis de montrer que “les cellules musculaires sont infectées par le virus, ce qui pourrait jouer un rôle dans les douleurs musculaires”. Les scientifiques cherchent aujourd’hui à savoir si ces cellules ne joueraient pas un rôle de réservoir du virus, ce qui expliquerait les “rechutes” de chikungunya qu’on a pu observer. Ces découvertes permettent de “développer une piste pour les traitements futurs, précise M. Ceccaldi. Maintenant qu’on sait comment se propage le virus dans l’organisme, on va pouvoir intervenir sur ces cellules et tester des médicaments sur des cellules cibles naturelles”. Même si le virus ne semble plus causé de dommages à la Réunion, cette découverte reste un espoir pour les zones où il sévit fortement aujourd’hui (Gabon, Inde). Tout en sachant qu’il peut revenir par la case départ...

M.P

Par Madée Payet - Publié dans : Notre revue de presse
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 12:42

 

ARTICLE DU JOURNAL DE L'ILE  [26 juin 2007]

http://www.clicanoo.com

Environnement
Réunion, la poubelle île du monde !

Alors que l’on ne cesse de parler de relance du tourisme et d’image de la Réunion, surtout depuis la crise du chikungunya, de nombreux sites naturels locaux demeurent gâchés par la vue et l’odeur de poubelles débordantes de déchets. Conscients du gâchis, l’office national des forêts et la direction de l’agriculture et des forêts projettent de retirer progressivement tous les réceptacles d’ici à fin 2010. Reste à faire en sorte que les visiteurs prennent l’habitude de repartir avec leurs déchets sous le bras. Un pari audacieux.

 

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La Réunion, son lagon, son volcan, ses cirques et... ses poubelles ! Bienvenue sur une île aux richesses naturelles exceptionnelles où de nombreux sites de toute beauté possèdent le même totem en bonne place, une poubelle débordante d’ordures. Pollution visuelle mais aussi olfactive qui favorise la présence de rats bien nourris dans les parages. Bref, de quoi conquérir le cœur des touristes, à n’en pas douter. Alors que depuis des mois, l’État et les collectivités locales déploient des moyens financiers et cérébraux considérables pour relancer la destination, on peut se demander ce qu’on attend pour effectuer un geste de base tel que vider les poubelles... C’est ainsi qu’après plus d’1h30 de marche à partir du piton Maïdo, une fois parvenu au site de la Glacière, s’offre la vision intéressante des anciennes galeries de stockage de glace mais aussi et surtout d’une montagne de détritus débordant de la poubelle, se répandant jusqu’au sol et odorant fortement. Même chose au Bassin la paix. À deux pas du kiosque et de l’escalier qui mène à la cascade, le spectacle d’un monceau d’ordures s’offre au visiteur. Tiens, un couple de rats sur la droite ! Oh, un nid de mouches à gauche ! Et la liste n’est pas finie de ces espaces naturels à la Réunion dont la beauté demeure flétrie, et c’est peu dire, par l’invasion de ces immondices et des bestioles qui vont avec. Pour la petite histoire, toutes les aires d’accueil gérées par l’ONF disposent depuis une trentaine d’années de poubelles, un millier au total. Ces réceptacles sont vidés en théorie une fois par semaine par les services de l’ONF. Dans la pratique, le ramassage n’est effectué qu’une fois dans la quinzaine voire dans le mois sur certains sites pourtant fréquentés malgré leur isolement. “À la Glacière, le ramassage des ordures n’est pas fait aussi souvent que la moyenne, concède Jean-Luc Fontanel, responsable travaux et tourisme pour l’ONF. Du coup, ce genre de sites est plus sale que lorsqu’il n’y avait pas encore de poubelles ! ”, admet-il.

UN “COUP DE POKER”

Cette situation ubuesque, ajoutée au fait que les poubelles en place ne permettent pas le tri sélectif, a incité la Daf (Direction de l’agriculture et des forêts) et l’ONF à prendre la décision de les enlever toutes d’ici à fin 2010. “L’option de trier les déchets était trop onéreuse et celle de mettre plusieurs conteneurs à disposition des citoyens inutile, explique Jean-Luc Fontanel. Ils n’auraient pas trié. Du coup, nous avons décidé de faire disparaître les poubelles et de miser sur la citoyenneté. J’espère que les visiteurs joueront le jeu. On compte sur eux. C’est un coup de poker”, lance Jean-Luc Fontanel. La suppression des poubelles devrait s’effectuer à partir de mi-2008. Un test sera d’abord réalisé sur des sites symboliques de l’île - hauts sous le vent, volcan, petite plaine - pour évaluer la réaction des visiteurs. Puis le retrait sera généralisé sur deux ou trois ans. “Cette tâche devrait représenter au total entre 200 et 400 journées pleines de travail pour nos agents”, précise Jean-Luc Fontanel. Le projet doit être validé le mois prochain par les élus du conseil général dans le cadre de la “programmation détaillée d’investissement des équipements sur le domaine géré” par le Département. Avant de passer à l’acte, les services prévoient de mener une campagne de communication à partir de janvier 2008. Des spots TV seront diffusés pendant trois ou quatre mois sur les chaînes locales pour un coût d’environ 50 000 euros. “Seule une frange marginale de personnes se montre vraiment réfractaires aux messages d’incitation, souligne Jean-Luc Fontanel. La plupart obtempèrent. Mais il suffit de quelques visiteurs se comportant mal pour qu’un site ait vite l’air dégoûtant !” Encore plus rares que les réfractaires, on trouve aussi ceux qu’on appellera les “tordus”. Jean-Luc Fontanel en a surpris, un jour, en train de balancer leurs déchets juste à côté d’une poubelle. Voici ce qu’ils ont répondu à sa surprise : “On fait ça pour créer de l’emploi !” Alors à bon entendeur, l’ONF n’embauche pas davantage de personnels parce qu’on jette ses détritus par terre. En revanche, l’argent qu’il ne met pas dans le ramassage des ordures dispersées, il l’investit dans de meilleurs équipements publics. Donc viser la poubelle ou mieux, repartir avec ses déchets sous le bras, on n’a pas fait plus rentable. Garanti sur facture.

Séverine Dargent

- Opération “Mafate propre” !

Selon l’Office national des forêts, 600 à 800 tonnes de déchets sont produits chaque année par les touristes sur les sites qu’il gère à la Réunion. À cette quantité s’ajoutent 250 à 270 tonnes de déchets à Mafate, comptabilisés à part du fait qu’ils sont essentiellement le “fruit” des habitants et non des visiteurs - ces derniers n’en produisent que de 5 à 10 tonnes par an sur le total recensé. Depuis 2006, l’ONF, l’État, le TCO (Territoire des communes de l’Ouest), les communes de La Possession et de Saint-Paul ont enclenché un programme en vue de valoriser les déchets produits à Mafate - par le biais du compostage notamment - et de développer de façon significative, d’ici la fin de l’année, les comportements de tri sélectif, encore balbutiants sur le secteur. L’objectif consiste à réduire les déchets produits à Mafate à 140 tonnes par an.

Bienvenue au Bassin la paix. Le site n’est plus géré par l’ONF depuis une dizaine d’années mais sur d’autres sites sous responsabilité de l’office, l’état des lieux n’est guère plus ragoûtant. (photo SD)

Par Madée Payet - Publié dans : Notre revue de presse
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