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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 14:30

COMPTE RENDU DU COMITE PEDAGOGIQUE DU 17 MAI 2007

Le séminaire du comité pédagogique s’est bien déroulé le 17 mai 2007 à l’hôtel ARCHIPEL toute la journée.

L’accueil à l’Archipel a été des plus favorables, confortable et copieux d’un point de vue de la restauration.

Nous avions prévu de travailler le matin sur la définition de l’Habitant Sentinelle (HS) et l’après midi sur

le contenu du programme pédagogique. En fait, les 23 participants que nous étions se sont pris au jeu de

la définition de l’HS et nous avons planché toute la journée sur ce thème.

Le programme pédagogique a été quant à lui validé dans ses grandes lignes.

Les débats ont été très animés et on peut dire que personne n’est resté muet. Parmi les 23 participants,

il y avait des personnes totalement profanes en matière de santé communautaire et toute autre matière

scientifique. D’autres personnes plus averties dans leur domaine respectif : infirmière qualité, sociologue,psychologues, médecins, naturalistes, professeurs des écoles, formateurs, chef de projet en développement, animateurs…

Cet éventail de catégories professionnelles a favorisé la diversité des points de vue et des échanges.

Le travail de synthèse sera rendu dans la semaine du 18 juin.

Un des points forts de cette journée fut la présence de notre parrain en la personne de Daniel SANGOUMA.

Celui-ci a largement participé aux débats et nous tenons à le remercier vivement(1).

Le point faible est de constater que certaines personnes qui avaient réservé ne sont pas venues, nous avons donc payé 3 repas pour rien.

Liste des membres du comité pédagogique (ordre alphabétique) :

Philippe Clémens, Virginie Cobo, Samuel Couteyens, Murielle Dailliez, Josie Florestan,

Prisca Galdin, Claude Gindrey, Philippe Girard, Jean-Claude Ho-Pun-Cheung, Arnold Jaccoud,

Karine Marion, Jocelyn Mouniama, Georget Nourry, Madée Payet, Geneviève Payet,

Joelle Pernin, Marcel Philippe, Jean-Michel Probst, Nelson Richard, Jean-Loup Roche,

Thierry Soumaria, Chantal Taillardat, Daniel Sangouma.

 

(1)    Daniel SANGOUMA : (ancien athlète médaillé aux J.O. de Séoul, recordman de France du 100 mètres de 1990 à 2005, champion du monde d’athlétisme  à Tokyo, médaille d’or au relais 4X100 m. au Championnat d’Europe d’athlétisme en 1990 à Split…  )

Par Madée Payet - Publié dans : compte rendu de réunion
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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 15:46

DIMANCHE 24 JUIN 2007

Carnaval de Grand Boucan à St Gilles les Bains

 la fête de la fin de l’épidémie

« le char allon met’ ensemb  »

Sur la chanson inédite de Jacques Lanzmann

Introduction : Le Carnaval est le temps d’expression de la population.

La fin de l’épidémie a été officiellement annoncée par les autorités. Toute la population, les professionnels de santé, les démoustiqueurs, et toutes les personnes qui ont contribué à combattre le virus vont pouvoir se féliciter mutuellement.

C’est en partenariat avec l’association « Allon met’ ensemb » et derrière le char de  leurs artistes que les Habitants Sentinelles défileront.

Objectifs de la journée : Que la population se félicite de ses efforts.

-          Faire la fête de la fin de l’épidémie de Chikungunya.

-          Se féliciter mutuellement de nos efforts, s’encourager à maintenir la vigilance.

-          Rendre hommage aux victimes et à ceux qui souffrent encore.

Lieu et horaire : Le Grand Boucan 2007. L’après-midi du 24 juin 2007 : rendez-vous à partir de 13h au début du défilé à St Gilles les Bains.

Conditions pour faire partie de notre défilé derrière le char

Couleur = BLANC - Tenue : Combinaison de démoustication d’agent de prophylaxie (à réserver sur commande), ou vêtements blancs - Chapeau : moustiquaire blanche sur la tête, ou voile blanc - Drapeaux : papier ou tissu blanc, support bambou, bois…

Messages sur drapeaux : que des messages positifs pour se féliciter des efforts de la population, rendre hommage aux victimes, à ceux qui souffrent encore, ne pas baisser la garde, chasser le moustique… (BRAVO, FELICITATIONS, HOMMAGE, MERCI A TOUTE LA POPULATION…)

Réserver votre costume : par mail, tél fixe, gsm, fax, sur le site…

Préparez vos messages sur drapeaux blancs, et d’autres drapeaux à distribuer à la foule

Contact :

Tél/fax : 0262 27 96 22

e-mail : les_habitants_sentinelles@hotmail.fr

Gsm : 0692 44 45 36 – 0692 34 32 27

www.les-habitants-sentinelles.com

Par Madée Payet - Publié dans : L'association
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 13:25

JEUDI 17 MAI 2007 (jour férié)

Séminaire du Comité Pédagogique

Introduction

Conformément au programme défini par Les Habitants Sentinelles pour l’année 2007, nous préparons actuellement l’équipe pédagogique et le contenu de la formation qui sera dispensée aux futurs Habitants Sentinelles.

La journée du 17 mai 2007 : Première rencontre du comité pédagogique.

Objectifs de la journée

-          Définir ensemble ce qu’est un Habitant  Sentinelle, écrire cette définition.

-          Validation de la composition et du rôle  du comité pédagogique, choix et durée des modules.

Lieu et horaire

A l’hôtel Archipel, St Gilles Les Bains, rond de Quiq, début de la route du théâtre.

A 8h30 : accueil

Fin de la journée vers 17h

Inscriptions obligatoires

Les membres de l’association qui souhaitent intégrer le comité pédagogique peuvent prendre contact avec nous  au plus tard le 4 mai (par mail, tél, courrier, fax).

0692 34 32 27

0262 27 96 22



Par Madée Payet - Publié dans : articles du comité scientifique
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 10:41

Les douleurs articulaires de l’infection à Chikungunya, 9 à 12 mois après le pic épidémique de  2005-2006 à La Réunion : une enquête de médecine générale.

 

Dr Philippe Girard,

55E chemin des thuyas, 97490 Ste Clotilde

Dr Bernard-Alex Gaüzère

CHD Bellepierre, St Denis

Introduction : Une flambée épidémique de Chikungunya (chik) a touché 38, 5 % de la population réunionnaise entre la fin 2005 et avril 2006 (30% de séropositivité au Nord, 38% au Sud, 41% à l'Ouest et 48 % à l'Est de l’île). De nombreux patients allèguent des douleurs articulaires persistantes et mal soulagées, à distance de l’infection. La littérature médicale n’étant pas très informative quant à la durée de cette polyarthrite virale (2,3,4), les médecins ne sont pas en mesure d’apporter des réponses aux patients qui craignent de voir leurs douleurs s’installer durablement. Il nous a paru intéressant de tenter de mesurer la prévalence des douleurs résiduelles par une enquête de médecine générale menée neuf mois après la flambée épidémique. L’enquête visait également à mesurer des relations entre l’âge, le sexe, la durée de la phase aiguë et la survenue des « rechutes ».


Méthodologie : Dans un cabinet de médecine générale de Bras-Panon (Est de La Réunion), il a été systématiquement demandé en janvier 2007, aux consultants et à leurs accompagnateurs s’ils avaient été infectés par le chik. Après questionnement et confrontation avec le dossier médical informatique, ont été incluses dans l’étude, les personnes qui ont dit avoir présenté des céphalées, de la fièvre et des arthralgies entre les mois de décembre 2005 et avril 2006, en l’absence d’autre étiologie. Puis ont été recherchées la persistance de douleurs rhumatologiques attribuées à l’infection, l’intensité et la description des douleurs ou des raideurs, la durée de la phase aiguë initiale, le délai avant guérison complète et la description des « rechutes ».

L’imputabilité a été jugé bonne chez les personnes qui présentaient des douleurs rhumatologiques lors de l’examen et n’en avaient pas eu avant l’infection, chez celles qui présentaient des douleurs sporadiques chronicisées après l’infection, ou qui présentaient des douleurs chroniques modérées avant l’infection et notablement intensifiées après l’infection.

La « rechute » a été définie comme étant la réapparition ou l’exacerbation de douleurs rhumatologiques survenant au moins 7 jours après une guérison apparente ou un répit douloureux.

L’échelle visuelle ( EVA) graduée de 0 à 10 a été utilisée pour évaluer l’intensité des douleurs.

Les autres symptômes attribués au chik (fatigue, dépression, alopécie) n’ont pas été pris en compte.

 

Résultats : Deux cent vingt et une personnes ayant vraisemblablement présenté une infection à chik ont été incluses : 76 hommes et 145 femmes, sex ratio = 0.52, âge moyen 31.7 ans (± 20,2), extrêmes: 1 - 85 ans.

Soixante et onze personnes (31.7%) présentent des douleurs ou raideurs persistantes imputables à un chik présumé, neuf mois après le début des signes : 20 hommes et 51 femmes, sex ratio= 0.39, âge moyen : 45,3 ans (±17.8), extrêmes : 5-85 ans. Il n’existe pas de différence significative entre hommes et femmes.

L’intensité moyenne des douleurs persistantes cotées est de 1.52 (± 0.9), extrêmes 1 à 5. Sept personnes ont décrit des douleurs persistantes cotées plus de 2 (3 à 5), âge moyen : 52, 3 ans.

La fréquence des séquelles articulaires douloureuses croît avec la durée de la phase aiguë initiale de la maladie.

 

Tableau I - Séquelles douloureuses selon la durée de la phase aiguë de l’infection à chikungunya.

 

Durée phase aiguë

< 3 jours

3 - 14 jours

>14 jours

Total

Nombre

89 (40%)

82 (37%)

50 (23%)

221

Douleurs à 9 mois

6 (6,7 %)

23 (28 %)

42 (84 %)

71 (32 %)

 

La fréquence des douleurs résiduelles croît linéairement avec l’âge et avec la fréquence des rechutes. La durée de la phase aiguë initiale croît avec l’âge, ainsi que le délai de guérison.

 

 

 

 

Tableau II - Fréquence des douleurs résiduelles à 9 mois, durée de la phase aiguë, fréquence des rechutes et estimation du temps médian de guérison complète selon l’âge.

 

Tranches d’âge (ans)

1-8

9-16

17-30

30-40

41-50

51-60

> 60

Total

Nombre

34

34

36

43

38

14

22

221

Douleurs à 9 mois (%)

1 (3)

3 (9)

9 (25)

14 (32)

17 (45)

11 (78)

16 (73)

71 (32)

Phase aiguë < 7 jours

91.6%

82.3%

64%

64%

63%

50%

27%

 

Notion de « Rechute »

18%

14.7%

25%

37%

39.3%

50%

54%

 

Délai de guérison de 50% du groupe

5 jours

7 jours

2 mois

2 mois

4 mois

> 9 mois

> 9 mois

 

 

 

Dans la majorité des cas, les douleurs persistantes sont décrites comme faibles et peu invalidantes, s’estompant avec le temps. Il s’agit essentiellement de raideurs matinales avec un dérouillage court, de douleurs localisées de repos ou de douleurs articulaires vives déclenchées par des gestes ou appuis précis. Ces douleurs peuvent évoquer des tendinites ou des rachialgies, mais correspondent principalement à des arthralgies et les véritables arthrites sont exceptionnelles. Les articulations les plus atteintes sont les poignets, les mains, les coudes, les pieds et les chevilles. Plus rarement, il s’agit des genoux, des épaules, du cou ou de la région lombaire.

Chez 7 patients (10 %), les douleurs sont décrites comme modérées à fortes et sont jugées invalidantes. Chez deux patients, des oedèmes des chevilles étaient également notés.

Trente et un pour cent des personnes ont décrit des « rechutes », avec une fréquence proportionnelle à l’âge. Dans 55 % des cas les « rechutes » ont été ressenties comme moins douloureuses que les douleurs initiales, dans 20% elles étaient ressenties plus fortement. Le nombre de « rechutes » a varié de un à plusieurs dizaines. Les « rechutes » sont parfois apparues plusieurs mois après le début de l’infection, 3 patients les ont décrites après un intervalle libre de 6 mois, ce qui peut faire évoquer d’autres étiologies que le chik. Ces réactivations douloureuses ne sont accompagnées ni d’œdème ni de fièvre. Les patients qui n’ont pas eu de « rechute » décrivent une décroissance régulière des douleurs, plus rarement une stabilité.

Parmi les 151 personnes qui n’ont pas décrit de « rechutes », 24 (16 %) présentent des douleurs 9 mois plus tard. Parmi les 70 personnes qui ont décrit des « rechutes », 47 (67%) présentent toujours des douleurs 9 mois après l’infection.

 

Discussion : Cette étude conduite auprès de patients tout-venants dans un cabinet de médecine générale comporte des biais. Elle n’est pas représentative de la population générale, les femmes y sont sur-représentées. Bien que la plupart des patients n’aient pas eu de confirmation biologique de l’infection à chikungunya, la corrélation avec les signes cliniques est fiable à 90 %, comme le démontre l’enquête de séroprévalence réalisée en fin d’épidémie à La Réunion sur un échantillon de 2 442 personnes (données non publiées). En effet, selon cette enquête, seulement 6 % des personnes ayant déclaré avoir eu le chik ont présenté des sérologies négatives et 6 % ont présenté des formes asymptomatiques. L’imputabilité des douleurs objectivées 9 mois après les premiers symptômes d’une infection à chikungunya reste néanmoins subjective.

Malgré ces limites, cette étude tente d’apporter des données plus objectives que les nombreuses rumeurs dont bruisse l’île, sur la prévalence des douleurs prolongées de l’infection à chik et leur intensité. Les véritables « polyarthrites » sont plus rares que ne le laisse penser les quelques études  précédentes (4,5).

 

Conclusion : Neuf mois après une flambée épidémique d’infection par le virus chikungunya à La Réunion, un tiers des personnes ayant contracté l’infection présentent des douleurs résiduelles. Dix pour cent d’entre-elles les jugent gênantes dans la vie quotidienne. Cette étude permet de dégager  des éléments prédictifs de la survenue et de la persistance des arthralgies. L’âge est un critère déterminant dans la persistance de la symptomatologie douloureuse, car 75 % des enfants de moins de 9 ans guérissent en moins d’une semaine alors que 75% des personnes de plus de 60 ans présentent encore des douleurs 9 mois après l’infection. La persistance de douleurs 9 mois après le début des signes apparaît également bien corrélée à la longueur de la durée de la phase aiguë de la maladie. Ainsi une phase aiguë qui dure plus de 14 jours sera suivie plus de huit fois sur 10 de séquelles douloureuses au neuvième mois. Les « rechutes » sont également associées à une plus grande fréquence de douleurs résiduelles 9 mois après de début des signes.

Références :

1- Jeandel P, Josse R, Durand J.P. Arthrites virales exotiques : Place des Alphaviroses. Med Trop 2004 ;64 :81-8 

2- Brighton S, Prozesky O, De La Harpe A. Chikungunya virus infection. A retrospective study of 107 cases. S Afr Med J 1983;63:313-5.

3-Fourie F, Morisson J. Rheumatoid arthritic syndrome after Chikungunya fever. S Afr Med J 1979;1979;56:130-2.

4-Kennedy A, Flemming J,Solomon L. Chikungunya viral arthropathy: a clinical description. J rheumatol 1980;7:231-6

3- Bouquillard E. Les manifestations rhumatologique de l’infection à Chikungunya.Synoviale. 2006; 148:5-8

LIEN PDF EN HAUT EN MARGE A GAUCHE

Par Dr Bernard-Alec Gaüzere, Dr Philippe Girard - Publié dans : articles du comité scientifique
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Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 05:05

KASS'MOUSTIK – Mars 2007
Présence de Geneviève PAYET au titre de Présidente de l'ARIV
CASE de Camp Magloire à La Possession, le 4 mars 07 de 8h à 17h

Intervention dans le cadre de la Convention signée entre les deux associations

(ARIV et Les Habitants Sentinelles)  en date du 10 février 07.

 

Modalités d'action de l'ARIV lors de cette opération

 

Lors de la phase de formation à la méthode d’intervention des Habitants Sentinelles

         Présentation rapide de l'ARIV, de ses possibilités d'action en partenariat et dans la complémentarité avec Les Habitants Sentinelles : gestion d'une crise sanitaire et sociale, formation des bénévoles, coaching/régulation des animateurs Habitants Sentinelles sont confrontés sur le terrain aux difficultés de la population,  accueil des personnes en souffrance psychologique lors des permanences à l'ARIV (victimes directes = atteintes par le virus et présentant des douleurs aiguës, rebelles, récidivantes, des séquelles chroniques, le décès d'un proche, victimes indirectes = retombées néfastes au niveau professionnel, familial, social).  

 

Lors de la phase de déploiement sur le terrain avec des visites chez les habitants

         En binôme avec un Habitant Sentinelle, rencontre à domicile de huit familles [1] du quartier (rue du Camp Magloire) : phase de contact et de présentation

         Accueil, entretien, questionnaire d'évaluation (sur les résidents, la cour, l'habitation) mettant en évidence les antécédents relatifs à l'épidémie (nombre de personnes infectées [2], période de contamination, sex ratio), les attitudes actuelles de protection (naturelle, chimique, biologique), les observations sur les services rendus par les institutions (Mairie, TCO, DRASS), les demandes en termes d'interventions ultérieures. 

 

Lors de la phase de regroupement : mise en commun des fiches remplies, évaluation des participants, dépouillement des premiers résultats  

         Prise de notes sur le déroulement de cette séance plénière : ambiance laborieuse et conviviale, diversité des regards et des champs de compétence, engagement de chacun et esprit associatif, chaleur écrasante !  

         Synthèse et restitution du vécu sur le terrain : public informé de l'opération Kass'Moustik, participation spontanée (pas de refus ni même d'hésitation), échanges sincères et climat de confiance, bonne représentation de la problématique du CHIK et réflexes adaptés (mais partiels comme le montrera par la suite l'exploitation des questionnaires), certaines personnes se sont véritablement saisies de cette opportunité pour relancer le dialogue sur la trace laissée par le CHIK dans leur vie/dans leur corps, inscription étonnante dans leur mémoire de cet événement pénible/douloureux, critiques et demandes  formulées concernant la gestion de la crise et les réponses qui leur ont été apportées,  sentiment d'être écouté et valorisé lors de ce contact individualisé et à domicile alors qu'habituellement les évaluations sont parviennent par les décideurs et par la presse, satisfaits de la démarche participative (population invitée à prendre part le jour même au dépouillement) et de la visibilité des premiers résultats les concernant directement.      

          Analyse qualitative des échanges lors de cette phase de regroupement : méthodologie à revisiter car des difficultés évidentes dans le groupe pour harmoniser la lecture des items (séance d'information préalable plus consistante ou items à préciser davantage ?), débat sur l'attitude éthique à adopter en cas de refus sur le terrain (n'a concerné qu'un cas sur 38 ... mais quand même !), décision prise en commun concernant les items non-renseignés (manques révélateurs de doutes et d'hésitations du côté de l'enquêteur, mais également révélateurs de prudence et de respect vis-à-vis de l'interlocuteur susceptible - par exemple - de lire ce qui est écrit le concernant lorsqu'il est observé des manques évidents dans son environnement proche en termes d'entretien ou de protection)    

 

Impression générale

 

Sur le plan quantitatif, les premiers résultats laisseraient apparaître (chez la population enquêtée ce jour-là) une nette tendance à protéger la cour, qui est d'ailleurs particulièrement soignée et entretenue. Ce comportement agirait au détriment de l'attention portée aux habitations et à leurs occupants.  Situé à l'interface de la société,  d'où sont venus la maladie, le mal, le malheur, cet espace intermédiaire serait-il comme susceptible de protéger l'espace privé (la maison) et plus encore l'espace intime (le corps) ?

 

Après une lecture rapide de ces quelques résultats, tout laisserait craindre que la population (en protégeant les jardins, mais pas suffisamment leur maison ni leur corps) soit à nouveau très exposée à une flambée en cas de reprise de l'épidémie.   

 

Questions      

 

Les éléments naturels (tels les huiles essentielles et la fumée du boucanage) semblent investis d'un puissant pouvoir en matière de protection. Ils sont présentés comme intégrés à une pratique traditionnelle dont l'efficacité ne serait plus à démontrer.  Mais, quelle est la réalité scientifique du pouvoir des plantes et du feu face au danger que représente le moustique : durée, périmètre, portée de cet effet ?

D'un autre côté, en sollicitant le registre sensoriel (les odeurs en l'occurence) n'aurait-on pas – aussi - le désir ou le sentiment de communiquer avec ce qui nous relie à l'au-delà (place des croyances, des représentations, du 'c'est dans l'air', ...) ?  



[1]    Au total, sur les 38 foyers visités le jour de cette opération Kass'Moustic à La Possession, 27 foyers avaient été touchés par l'épidémie de chikungunya.

[2]    Ce nombre est de 53 cas déclarés sur 131personnes concernées (28 H et 25 F) par cette opération, soit plus de 40 %.


Par Madée Payet - Publié dans : articles du comité scientifique
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